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L'Annuel de l'APF 2014 a livré son huitième volume : « Le langage, malgré tout ». En page de couverture, ce titre un peu énigmatique trouble d'emblée l'oreille du lecteur. Il surplombe une aquarelle d'Henri Michaux où se crée l'illusion d'une écriture : on y cherche en vain un sigle arabe, chinois ou cunéiforme autour de ce qui pourrait évoquer l'explosion, artificielle, d'une fleur rouge… Le langage, malgré tout : voici une charade sur laquelle on revient à chaque fois qu'on referme l'ouvrage, pour mieux le rouvrir. Le « tout » comme « totalité » dans ce « malgré tout », telle est peut-être l'illusion dont le langage permet tout autant l'advenue et la défaite. Ne serait-ce pas à l'exercice de ce paradoxe que l'ensemble de cette belle revue, un polyptique, tente de nous éduquer ? Ouvrons donc le retable. Un retable, en effet, car en l'ouvrant, se présentent trois panneaux. Au centre, on y découvre une longue « conversation » avec J.-B. Pontalis à propos de l'aventure de la Nouvelle Revue de Psychanalyse, de son arrivée, de ses gloires et de ses péripéties, de sa fin. « J.-B. Pontalis, la NRP et l'APF » vient d'ailleurs comme en sous-titre sur la page de couverture, au-dessous de l'aquarelle de Michaux. À gauche, c'est-à- dire en première partie, on y trouve quatre contributions tirées de diverses et récentes « journées » de l'APF. Le fil rouge en est peut-être la question de la « fin », sinon de la mort et de sa pulsion éponyme, travaillée dans l'expérience analytique. À droite, c'est-à-dire en dernière partie, sont rassemblées trois contributions majeures, toutes trois objet d'une réédition pour l'occasion, de trois auteurs éminents - Rosolato, Anzieu et Laplanche. Le « signifiant »