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Dans Le Malaise dans la culture, le constat de Freud relatif à notre condition humaine est sans appel : « La vie telle qu'elle nous est imposée est trop dure pour nous, elle nous apporte trop de douleurs, de déceptions, de tâches insolubles. Pour la supporter nous ne pouvons pas nous passer de sédatifs. »
Les sédatifs, les satisfactions substitutives comme celles que l'art peut nous procurer, les illusions mêmes - au premier chef, pour Freud, la religion - ont la force des désirs qu'ils réalisent. Mais quelle valeur leur accorder ? Face aux souffrances et à la douleur humaine, quelle place donner à la consolation qu'ils procurent ?
Au pasteur Pfister qui voyait dans la psychanalyse « la méthode du soin des âmes », Freud répliquera, des années plus tard, qu'il voudrait lui assigner « un statut qui n'existe pas encore, celui de pasteurs d’âmes séculiers1 qui n'auraient pas besoin d’être médecins et pas le droit d’être prêtres ». Si le rôle de l'analyste n'est pas de consoler, aucun thérapeute ne peut être sourd à la plainte et à la détresse - celles de l'adulte comme celles de l'enfant. Mais qu'en fait-il ? Comment y réagit-il ? La consolation est-elle une visée première ou vient-elle, comme la guérison, de surcroît ? Avec ce thème, la Revue française de psychanalyse a souhaité mettre en débat ces questions à la fois dans l'histoire de la psychanalyse et dans la clinique actuelle.
Dans la partie Recherches, nous avons regroupé trois contributions portant sur le corps, corps souffrant toujours en lien avec la souffrance psychique. Nous proposons en outre une republication d'un article peu connu de J.-B. Pontalis et Anne-Lise Stern consacré à « l'enfant et ses psy ». L'enfant fait son entrée dans une consultation pour lui-même et pour autrui, indissolublement. Comme chacun de nous, ajoutent les auteurs, mais l'enfant, qui ne le sait pas, invite à en reconnaître en nous l'effet. Car, écrivait J.-B. Pontalis en 1979, « la psychanalyse qui ne percevrait plus chez l'enfant la