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Il n'y aurait donc pour Freud guère de marge entre ce qui doit adoucir et prévenir, et ce qui risque de passiver et d'endormir.
Même si la mère est nue, l'enfant lui dit : « Couvre-moi ».
La consolation n'est pas une notion en vogue chez les psychanalystes. Son rapprochement hâtif avec une certaine idée de la passivité l'apparente à une vulgarisation de la psychanalyse qui exclurait le principe paternel et désexualiserait celle-ci, usant d'un cadre « élastique » et peu fiable. Elle tendrait à rejoindre le lot imprécis des psychothérapies « de soutien », les attitudes de réassurance, voire l'usage de conseils en tous genres. Elle légitimerait de fait d'intolérables empiètements. Freud ne dénonçait-il pas « la berceuse consolante […] de la nourrice, de la mère séductrice qui rend agréable la passivité du renoncement, qui désarme le guerrier phallique » (Donnet, 1995). L'association du féminin et de la passivité, pour empirique et conventionnelle qu'elle fût, et malgré l’évolution de Freud à ce sujet, ouvrait néanmoins le même chemin de pensée : « Nous appelons mâle tout ce qui est fort et actif, féminin tout ce qui est faible et passif » (Freud, 1940a). Freud se méfiait de la passivité.
Inversement, la consolation connaît aujourd'hui, sous des formes apparentées, la faveur des essayistes, et donc sans doute du public (Attali, 1992; Ricard, 2013), et même de psychanalystes (Dufourmantelle, 2013), rejoignant des politiques (la notion de « Care », que Martine Aubry tenta de lancer en