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Dès l'introduction de l'ouvrage, Patrick Merot trace fermement son projet : débusquer dans l’œuvre de Freud les traces d'une théorie maternelle du religieux, parallèle à la théorie classique, paternelle.
D'emblée apparaissent deux distinctions : la mère et le maternel, la religion et le religieux. Il s'agit de dégager la fonction maternelle de la personne de la mère, et considérer, avec Freud de l’Esquisse, le Nebenmencsh dont l'action spécifique mène à la satisfaction comme prototype du maternel; et en différenciant religion du religieux de séparer l'institution et le dogme, relevant de la théorie paternelle, du religieux pour lequel la référence au « sentiment océanique » de Romain Rolland et aux mystiques plus généralement est centrale. Mystiques pour qui la présence divine, faite d'absence, de mystère et d'inconnu, comble qui la ressent en tant que contact intime et sans intermédiaire avec elle, et relève du maternel; le fantasme de retour au sein maternel est dans ce contexte particulièrement invoqué.
La méthode suivie pour établir et justifier ces distinctions suit de près celle de Freud quand il tente de montrer l'existence d'un secteur psychique inconscient. La conscience est trop étroite pour rendre compte de toute l'activité psychique avait écrit Freud, et Patrick Merot se demande si l'on peut admettre que la description freudienne de la religion rend compte de la totalité du phénomène religieux. Cette démarche ne dément pas la construction de Freud, mais essaie de la compléter à partir de certaines traces présentes dans