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Encore une revue consacrée à Winnicott, dira-t-on, est-ce bien nécessaire ? Ne risquons-nous pas de relire ce qui a déjà été écrit de multiples fois et de multiples façons ? La Revue Belge de Psychanalyse relève le défi. Dans ce numéro 64, elle souhaite mettre en relief un aspect moins connu de la personnalité hors norme que fut ce psychanalyste britannique; elle fait entrer en résonance la réalité de l'existence vécue par cet homme à part et son impact sur son œuvre toujours retravaillée et qu'il ne considéra jamais comme achevée. Intitulée : « Donald Woods Winnicott : the self made man », la revue propose un ensemble de contributions dont certaines nous ont paru des plus éclairantes pour l'approfondissement des questions survenant souvent encore au sujet des positions théoriques de Winnicott.
Il est intéressant de se rappeler que Winnicott s'opposait catégoriquement à l'hypothèse freudienne d'une pulsion de mort, comme l'expose Eliane Feld-Elzon dans son texte : « Au vif du sujet : Winnicott, l'homme des Lettres Vives ». Vives en effet ces lettres dans lesquelles il ne mâche pas ses mots pour exprimer ses sentiments quels qu'ils soient, et par lesquelles il corrige l'image de garçon trop gentil, trop docile qu'il fut, pris dans la dépression maternelle, soucieux de « réparation » au prix de la construction d'un faux self « faisant obstacle à l’élaboration de sa destructivité primaire ». E. Feld-Ezon nous propose donc « autour de trois notions winnicottiennes, celles d'agressivité impitoyable, de self, et d'illusion/réalité, d'esquisser un portrait de l'homme qui les conçut ». Ce texte est à lire pour dissiper tout malentendu autour, entre autres, de ce concept « d'agressivité impitoyable ». « L'expérience agressive