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Ce numéro de la revue Adolescence, centré sur le Héros, propose au lecteur un parallèle entre le parcours adolescent et la posture mythique du héros. Une thématique qui ouvre sur d'autres champs que la psychanalyse, tels l'anthropologie, la philosophie, la religion, la littérature… En appui sur ces multiples références, les auteurs s'interrogent : comment la représentation du héros peut-elle nous permettre de saisir le processus adolescent et son issue, l'avènement d'une subjectivisation ? Pour répondre à cette question, des contributions du Colloque de Rome sur ce thème (mai 2013) sont ici reprises, auxquelles s'ajoutent d'autres articles qui viennent enrichir le débat. Nous ne pourrons malheureusement rendre compte de l'ensemble des travaux et nous nous en excusons, tout autant auprès des auteurs que des lecteurs.
Dans son avant-propos, « Au risque de créer », P. Guitton ancre la comparaison en soulignant que, pour le héros comme pour l'adolescent, ce qui est premier est du côté du négatif. Pour l'un, il s'agit de sortir de « l'abjection », pour l'autre de se distancier du rapport de dépendance aux objets parentaux. L'auteur compare cette trajectoire à une création, celle qui permet à l'adolescent, grâce à la sublimation du pubertaire, de transformer les ressentis sexuels en représentations. Un parcours marqué par une certaine violence. Tout comme la victoire de Persée sur la Méduse, grâce au bouclier-miroir, le cadeau de la déesse Athéna, constitue pour Guitton, la transformation « d'une crise en acte de création d'une fermeté exceptionnelle », « un exploit innovant ».
Encore faut-il que ces exploits trouvent un public, un témoin. Guitton reprend ici son concept de « sujet parental de transfert », l'adulte représentant