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L'identification à la mère, chez la femme, permet de reconnaître deux couches : la couche préœdipienne qui repose sur le tendre attachement à la mère et la prend comme modèle, et celle, plus tardive, issue du complexe d’Œdipe, qui veut éliminer la mère et la remplacer auprès du père. […] Mais c'est la phase du tendre attachement préœdipien qui est décisive pour l'avenir de la femme; c'est en elle que se prépare l'acquisition des qualités avec lesquelles elle satisfera plus tard à son rôle dans la fonction sexuelle et accomplira ses inestimables réalisations sociales.
L'importance du « tendre attachement » précoce de la fille à sa mère est sans nul doute universellement reconnue comme d'importance pour son développement. Cependant le fondement libidinal, sexuel, homosexuel de cet attachement est souvent refoulé chez les psychanalystes eux-mêmes. La tendresse tend à être vue comme un dérivé des premières relations mère-bébé dont les racines sexuelles et les rejetons ultérieurs homosexuels ne sont pas reconnus comme tels. On perd facilement de vue que c'est l'inhibition de but de la sexualité infantile - et celle de la sexualité maternelle adressée à l'enfant - qui est constitutive de la tendresse. Cette tendresse peut-elle être vue comme une « sublimation dès le début », comme Freud le dit à propos de Léonard, et comme Jean-Louis Baldacci l'a repris, et quel serait le primum movens de