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Comme je réfléchissais aux questions qui s'ouvrent - bien plus qu'aux réponses que je saurais donner - à travers l’énumération quelque peu ambitieuse que comporte le titre de ce travail, le téléphone est venu m'interrompre. Cet appel venait à point pour rappeler le souvenir d'une adolescente qui, en toile de fond, ponctuerait les réflexions que je tâche ici à ordonner.
Donc, cette conversation téléphonique que je transcris :
« Allo, bonjour, c'est moi.
Qui moi?
Moi, et bien moi, Astrid19. »
Astrid est maintenant une jeune femme. Je l'ai soignée il y a quelque douze ou treize ans. Nous nous sommes vues pendant trois ans à peu près. Elle avait à l’époque un peu plus de seize ans. Pendant la deuxième année de son traitement, elle me téléphonait presque tous les jours, de la même manière : « Allo, bonjour, c'est moi. » Elle ne doutait pas un seul instant que je la puisse reconnaître, et en effet, au bout d'un certain temps, j'avais appris à le faire.
Comme on le voit, Astrid avait établi avec moi une relation à la fois très proche et fort idéalisée. J’étais pour elle à ce moment-là un personnage important, immuable, paré de grandeur (dont cependant discrètement et à son insu, elle vérifiait la permanence, pas si immuable que cela donc). D'après elle, elle