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C'est bien un numéro de printemps que nous propose le Comité de rédaction des Libres Cahiers pour la psychanalyse : « Vies amoureuses ». Ce 25e numéro, conçu autour des trois textes de Freud rassemblés sous le titre Contributions à la psychologie de la vie amoureuse, a suscité intérêt et participation de quinze auteurs, qui nous proposent un véritable voyage…
Un voyage qui s'ouvre sur la contribution de Jean-Christophe Cavallin, « Lecteur le vierge - Poème et tabou »; avec Mallarmé, l'auteur démontre que la langue poétique, dans son hermétisme, place le lecteur en situation de passivité et provoque chez lui la même « angoisse paralysante de la première fois ». L'auteur, en deçà de l'analyse œdipienne du tabou de la virginité, insiste pour en poser « l'assise narcissique », « la relation d'inconnu qu'une psyché sans modèle entretient avec elle-même ».
C'est aussi un poète, Paul Valéry, que choisit Paul Denis pour mettre en lumière, au-delà du renforcement de l'estime de soi inhérente à l'exercice sexuel dans une relation amoureuse, l'existence d'une sexualité narcissique « barrage contre la passion », comme le pose le titre de sa contribution « Phobie de la passion et sexualité narcissique ». L'auteur, grand connaisseur de l’œuvre de Paul Valéry, nous entraîne dans la lecture de ses Cahiers où la dépendance, tant à « l'aiguillon de la chair » qu’à l'autre, nécessaire pour s'en affranchir, est ressentie comme une blessure narcissique intolérable : « La femme sert à se passer de femme », écrit Valéry ! « Il s'agit bien d’éviter l'investissement “objectal “ pour maintenir un investissement narcissique jusque dans la