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Mahrokh Charlier, née à Téhéran et psychanalyste à Frankfort (Allemagne), présente ici un texte qu'elle intitule : « Une version orientale du complexe d’Œdipe ». La cure analytique d'un de ses patients d'origine orientale lui a inspiré cette réflexion sur le zoroastrisme et ses affinités avec le mythe d’Œdipe et celui de la horde primitive. Indiquons d'abord quelques éléments de sa vignette clinique : l'auteure relate l'analyse d'un homme de quarante-et-un ans appartenant à une famille religieuse restée attachée aux traditions zoroastriennes. Plusieurs tentatives de cure avec un analyste étranger à la culture de ce patient avaient échoué, avant qu'il arrive chez Mahrokh Charlier, une analyste parlant le persan, sa langue maternelle. Au cours de la cure, cette langue est devenue la chimère du couple analytique. L'homme vit depuis toujours avec sa mère dans une relation « sans inhibition, […] sur les genoux de sa mère, […] se sentant obligé de la porter dans ses bras lorsqu'elle consulte un médecin […] et obligé de s'occuper de ses soins corporels », écrit Charlier. Le père vit ailleurs avec une autre femme, mais ses parents ne sont pas divorcés. Le patient refuse de rejoindre son père, car il ne veut pas qu'il lui impose sa loi paternelle; il refuse de lui obéir et de devenir son esclave. Il a des accès d'agressivité, et il peine à s'intégrer dans son pays d'exil et à établir des liens durables avec des femmes ressenties comme des étrangères, des liens inféconds, selon lui.
L’Œdipe est une méga narration, dit Laplanche, et l’Œdipe de la psychanalyse fait partie de cette méga narration. Selon Marokh Charlier, le mythe