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Maniacus
« Mais regarde bien ce fou furieux à droite
Son air dément, quel horrible spectacle.
Il est couché, en haillons, enchaîné,
S'il rugit il n'en sait pas la raison.
Observe-le, car comme dans un miroir
C'est bien là ton portrait dans la colère.
Son image est immobile devant toi,
Entre toi et lui, aucune différence. »
La crise maniaque avec son excitation psychique, motrice et neurovégétative, sa fuite des idées - « “tourbillon” sans fin, sans but et sans ordre » - et son exaltation de l'humeur constitue un tableau d'autant plus surprenant que le maniaque a été et sera à nouveau une personnalité « normale » voire hyperadaptée et que cet orage « dionysiaque » alliant sexualité débridée, volatilité de la vie psychique et désordre des fonctions organiques (Ey, 2007) pourra être précédé ou suivi de son exact contraire. En effet, si la manie, du grec mania folie furieuse, fût synonyme de folie au sens général, la théorie physiologique des humeurs faisait de la bile noire le support de la mélancolie et assez vite un lien d'alternance était repéré : dès lors se mêleront inextricablement les hésitations entre acception générique ou spécifique et celles relatives à l'autonomie de la manie au regard de la mélancolie. En 1913, Kraepelin officialise l'unité de la folie maniaque-dépressive renforcée par les états mixtes