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Il achetait le journal vers quatre heures et pensait que Mozart était mièvre.
On en avait fait un accoucheur mais c'était une sage-femme.
Il en avait la rigueur virile et l'avant-bras songeur.
À force de régner sur les ventres anoblis, il lui venait un air d'enfant-roi qui l'enluminait par l'intérieur.
Il ressemblait à une icône. C'était une sommité.
L'arnica, me disait-il, l'herbe aux chutes, le quinquina des pauvres, le tabac des savoyards, l'herbe à éternuer, le souci des Alpes et l'herbe aux prêcheurs, j'en cultive tu vois, sur ce coteau - Fais attention où tu mets les pieds - Ne marche pas sur la verrière - Sens un peu ce basilic…
À la nuit tombée nous rangions en pile les papiers de boucherie, suffisamment poreux mais pas trop, parfaits pour faire sécher les plantes. Nous les classions ensuite dans le grand carton. J'avais la tête pleine de latin : le buxus sempervirens, l'anthémis nobilis, le papaver rhoas dit chaudière d'enfer. À dix heures il m'envoyait au lit, l'odeur des plantes montait avec moi, j'étais saoul de tisane. Il restait une partie de la nuit dans son antre parmi les sacs de plantes. J'entendais ses pas. Un jour, je l'ai surpris. (Un angle imprévu entre