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D'une lecture fluide et agréable, l'ouvrage de Jean-Michel Quinodoz présentant les lettres adressées par Melanie Klein à Marcelle Spira durant les cinq dernières années de sa vie donne à voir un instantané à la fois de la fin de vie de Klein et de l'accueil de son œuvre en France. Klein avait l'habitude de ne pas conserver sa correspondance, ce qui fait que nous avons là un ouvrage d'une teneur rare. Spira, par contre, conserva les lettres reçues de Klein et en fit don au soir de sa vie au Centre Psychanalytique Raymond de Saussure à Genève. Celles-ci furent remises à Jean-Michel Quinodoz qui les a traduites en français (Klein les écrivait en anglais et Spira lui répondait en français); ce dernier, ayant bien connu Spira, a commenté cette correspondance et en a resitué le contexte ainsi que les principaux protagonistes.
Marcelle Spira naquit à La Chaux-de-Fonds (Suisse) en 1910 et émigra lors de la Seconde Guerre Mondiale vers l'Argentine. Elle s'y forma dans un Buenos Aires fortement influencé par les idées de Klein. En 1955, comme le gouvernement argentin restreignit la pratique de l'analyse aux seuls médecins, Spira, qui était psychologue, rentra chez elle, en Suisse. Elle s'attendait à être accueillie les bras ouverts mais en fait elle fut considérée par certains avec suspicion par exemple, comme l'émissaire d'une dissidente, Melanie Klein (de