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Pour ceux d'entre nous qui connaissent davantage la France à travers la douceur de sa cuisine et de ses vins, qu'à travers la violence de son histoire et de sa politique, la monumentale anthologie intitulée Reading French Psychoanalysis risque de constituer un rude rappel à la réalité. Ce livre présente de beaux défis intellectuels pour la plupart des lecteurs américains, même les plus exigeants. Il raconte l'histoire d'un univers psychanalytique surgi des ruines de la Seconde Guerre mondiale et qui s'est transformé, dans les années 1980-90, en une culture créative à la fois classique et innovante.
Les premiers analystes français étaient groupés en deux camps; d'un côté de jeunes psychiatres comme Angelo Hesnard, Édouard Pichon et René Laforgue affirmaient leur sensibilité nationaliste en soutenant des maîtres tels Jean-Martin Charcot et Pierre Janet. Ceux-là rêvaient d'une psychanalyse française débarrassée de ses racines allemandes; d'un autre côté, Marie Bonaparte et un groupe d'émigrés parmi lesquels Rudolf Lowenstein et Eugenie Sockolnicka - une Polonaise qui avait fait une analyse didactique avec Freud avant de s'établir à Paris - restaient tout dévoués à l'œuvre de Freud et au mouvement psychanalytique international.