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« Une vue d'ensemble du traitement des troubles narcissiques sévères » (p. 888) voit Otto Kernberg (White Plains, USA) spécifier la clinique et le traitement des troubles narcissiques. Il ne s'agit pas d'une entité mais d'un axe avec différents degrés de gravité. Leurs deux traits fondamentaux : d'une part la polarisation idéalisation-dépréciation, tournée contre l'objet du transfert et l'objet interne, et d'autre part l'intolérance à la dépendance à l'objet. La dépréciation agressive peut être projetée sur l'autre ou se retourner contre soi, parfois en un infra-représentationnel suicidaire. L'attaque transférentielle est monnaie courante et l'analyste se sent souvent très dévalorisé ou contrôlé. Kernberg pense toujours valide de proposer une interprétation aussi précoce que possible du transfert (un point de vue qui dénote par rapport à d'autres auteurs). En fonction de la gravité de la clinique, des adaptations du cadre sont proposées : préciser d'emblée au patient des limites d'expression de son agressivité qui ne devront pas dépasser celles de la parole, savoir préciser au patient et à sa famille le risque suicidaire lorsqu'il est perçu (le suicide pouvant constituer un triomphe sur l'objet). La famille peut être partie prenante et l'analyste maintenir le contact avec elle. Voire, dans les cas antisociaux dont s'occupe une équipe, il peut être utile que celle-ci « rapporte » à l'analyste les comportements et les manipulations agies par le patient. À ce prix peuvent