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Ce numéro, qui prolonge la recherche débutée précédemment sur l'affect, est passionnant du point de vue de la recherche théorique et clinique à partir du concept de pulsion. Alors que Pierre Marty et les premiers psychosomaticiens proposaient de nouveaux concepts et posaient les bases d'une méthode adaptée à leur clinique en s'éloignant de la méthode classique, le mouvement actuel semble s'inverser et ce sont les psychanalystes « classiques » qui voient dans la pensée de Marty un élargissement de la psychanalyse.
Ainsi, Claude Smadja fait œuvre délibérée de réintégrer pleinement la somatisation dans le cadre classique de la métapsychologie, dans une conception unitaire de l'organisation individuelle. Il qualifie de « phénoménologique » la différenciation entre les expressions somatiques et les expressions psychiques, et pose la pulsion comme socle commun au soma et à la psyché. Il en découle sa profession de foi : « le corps de la psychosomatique est un corps pulsionnel et non le corps de la physiologie ». Il prend pour point de départ la perspective évolutive de Michel Fain, celle d'un trajet de la pulsion allant du plus élémentaire, c'est-à-dire de l'instinctuel à la complexification intégrant l'érotique. Il conçoit un « modèle pulsionnel de la psychosomatique » de manière magistrale qui, une fois la première proposition acceptée, nous entraîne dans un raisonnement déductif poussé à l'extrême. S'appuyant sur