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Pour Patrice C.
Aix-en-Provence, Juillet 2013.
On connaît l'histoire des Atrides, et celle de la guerre de Troie. Le drame et l'épopée nous les ont transmises. Dans Les Choéphores d'Eschyle, dans les Électre de Sophocle et d'Euripide, la guerre de Troie, telle que L'Iliade et L'Odyssée d'Homère l'ont chantée, a eu lieu. Elle a tué au pied des murailles les meilleurs des Achéens et les plus valeureux des Troyens. Et nous avons continué de raconter ces histoires : elles sont ce que l'on nomme aussi une culture, c'est-à-dire la mémoire partagée de certains récits. S'il fallait formuler en quelques mots l'argument de toute Électre possible, nous dirions à peu près ceci. De la lignée des Atrides, Agamemnon, roi de Mycènes et d'Argos, marié à Clytemnestre a eu trois enfants, Iphigénie, Oreste, Électre (les Tragiques grecs lui attribuent parfois une autre fille encore nommée Chrysothémis). Il accepte le sacrifice de sa fille Iphigénie pour que les nefs grecques puissent quitter la baie de Nauplie et atteindre le rivage de Troie. Chef des Achéens, il lui faut venger son frère Ménélas, après le rapt d'Hélène par Pâris, fils du roi de Troie, Priam. Vainqueur, Agamemnon rentre à Mycènes. Il y est assassiné par Clytemnestre et l'amant de celle-ci, Égisthe. Électre se consacre alors à réclamer justice pour son père. Suspendue à l'espoir du retour d'Oreste, elle attend son bras pour accomplir la vengeance. Toute pièce de théâtre intitulée Électre est tendue vers cette fin : commettre enfin le matricide que requièrent le devoir et l'amour envers le père.