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Le choix de ce titre, nous précise Fabio Landa dans son éditorial, est inspiré par le livre de Leïb Rochman, écrit dans une langue presque disparue - le yiddish - qui nous confronte aux discours des morts « qui n'ont pas dit leur dernier mot ».
Dans un texte qui sert de présentation pour l'ensemble du numéro, (« Préambule, Héritage, transmission ») Judith Dupont nous rappelle sans ambages que nous ne sommes jamais que des morts en sursis, et que la présence des morts dans les vivants se manifeste de toutes sortes de façons. Présents dans nos chromosomes, nos gènes, notre ADN, leur vie « vagabonde » se transmet de génération en génération et dans la mémoire des vivants, ils occupent une place considérable pour le théâtre de leur imagination. Si nous « commençons depuis peu à réaliser à quel point le vécu des générations qui nous précèdent influe parfois d'étrange façon sur notre destin » il n'est que de penser, par exemple, aux secrets de famille dont les descendants n'ont pas connaissance explicitement mais qu'ils perçoivent confusément. Les rêves aussi sont parfois peuplés par la présence très vivace des morts, morts à l'égard desquels peut se manifester une ambivalence que souligne notre auteur s'interrogeant, à propos des fantômes et des revenants sur « ce pouvoir bénéfique ou maléfique attribué à ceux qui sont désormais totalement impuissants ». Serait-ce que « nous ne pouvons pas imaginer la non-existence » ? demande-t-elle.
Mais le non-pensable, le non-imaginable de ce que furent le Khurbn74, le génocide, l'anéantissement, la Shoah, trouve avec les poètes, avec les artistes, l'expression, la description de ce que les témoins du désastre ont gardé en