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L'établissement du contact avec une petite fille autiste et mutique âgée de dix-neuf mois : Luisa C. Busch de Ahumada et Jorge L. Ahumada (Buenos Aires) (pp. 11-38) reprennent deux années de la cure, à quatre séances par semaine, d'une enfant autiste (forme encapsulée). Comme un film tourné image par image, puis projeté en une seule fois, nous voyons l'éclosion psychique se faire en accéléré. De l'enfant ignorant le monde qui l'entoure (dont l'analyste), nous passons à son pouvoir dire « Je », dire son prénom, pouvoir jouer et, même, à une ébauche de mouvements œdipiens. La clarté de l'exposé ne cache pas pourtant que chaque étape ne s'est passée qu'au ralenti et au prix d'une grande patience contre-transférentielle. Les auteurs évitent aussi un optimisme claironnant et, revue de la littérature à l'appui, ils montrent que la modestie reste de mise pour ce genre de traitements. Reprenant les travaux des principaux auteurs - en une synthèse très efficace - ce texte plaide pour un certain style d'approche. Alvarez et Meltzer ont soutenu qu'une approche active de ces patients était nécessaire, même si la limite avec l'intrusion n'était pas facile à délimiter car il faut alors « aller les chercher », intervenir. C. et J. de Ahumada préfèrent, eux, une approche, ou la « réclamation » est remplacée par « la reconnaissance ». Pour eux, lorsque l'enfant n'est pas encore dans la relation, vouloir l'y faire entrer est iatrogène car intrusif. Mais si on l'observe en séance, on peut le « rejoindre » lorsqu'il fait la moitié du chemin vers le thérapeute (par exemple par des regards furtifs, par des séquences où il introduit le thérapeute comme outil - même dépersonnalisé - dans ses premiers jeux). Petit à petit, un dialogue primaire (souvent hors les mots) se fait. Il faut