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Les fantasmes dont le contenu peut apparaître comme « sadique » - qu'ils soient conscients ou inconscients - sont omniprésents dans le fonctionnement de l'esprit en général, dans les rêveries et conduites amoureuses, dans la formation du caractère mais aussi dans les sublimations et dans nombre des actions les plus ordinaires de la vie. Cependant il semble que l'on se réfère plus volontiers au masochisme qu'au sadisme dans les récits de cure et que les représentations sadiques soient plus volontiers évitées tant par les patients que par les analystes. Ce n'est souvent qu'indirectement, à la faveur d'un phénomène de refoulement ou de répression, que l'intuition d'une fantaisie sadique sous-jacente apparaît à l'analyste. De brefs moments d'endormissement chez le patient ou l'analyste sont parfois l'équivalent a minima d'un syndrome de Gélineau, cataplexie ou endormissement soudain, provoqué par la montée d'un mouvement sadique. Les fantasmes sadiques semblent avoir un pouvoir « psychophobogène » particulièrement aigu aussi bien chez le patient que chez l'analyste.
La disparition du sadisme de toute une littérature psychanalytique va en général de pair avec celle de la pulsion et de la sexualité infantile. La notion de destructivité semble avoir supplanté le sadisme. « L'agressivité est-elle un concept métapsychologique ? » interrogeaient jadis René Diatkine et Serge Lebovici. On peut transposer la question à la destructivité. L'opposition empathie-destructivité, analogue de celle qui situe l'amour et la haine comme des contraires, fait en réalité disparaître l'idée même de sadisme et de sexualité infantile.