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La revue Penser/rêver clôt sa publication avec ce dernier numéro, et un titre qui éveille aussitôt l'esprit : « Mon genre et moi ».
Cette revue fait donc désormais partie de celles qu'on aimera avoir dans sa bibliothèque ou à laquelle on reviendra, tout comme la Nouvelle Revue de Psychanalyse ou Libres Cahiers de la Psychanalyse. Car Penser/rêver gardera sa vertu : nous dérouter, nous faire découvrir un champ, un auteur, une approche au-delà des limites de la technique psychanalytique - souvent peu familiers, parfois difficilement praticables, tant l'interdisciplinarité dans le trop vaste domaine des sciences de l'homme est devenue un art plutôt hasardeux, nécessairement polémique, en appelant chez le lecteur à une érudition que l'ampleur des connaissances et les exigences de la spécialisation rendent aujourd'hui bien difficiles. C'est probablement la raison de la rareté des recensions de Penser/rêver dans notre Revue française de psychanalyse, alors que Penser/rêver gagne toujours à être lue, goûtée, et étudiée. Reste sans doute qu'il manquera toujours, à celui qui voudrait en donner une juste lecture, les « humanités », comme on disait jadis, qui le lui permettraient en toute honnêteté. Prenons donc le risque.
Dans ce dernier numéro, un argument, d'une grande clarté, explicite la « provocation » du titre : « Mon genre et moi ». La notion de genre n'appartient pas à la psychanalyse. Désormais affranchie des « gender studies » dont elle est issue, elle appartient plus largement à la culture contemporaine et quotidienne de tout un chacun. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu Judith Buttler. Il suffit de lire son journal, « prière du matin des temps modernes », nous rappelle Jean-Michel Rey, citant Hegel dans son article « D'un devenir pour le moins