You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Un numéro-panorama de la recherche en psychanalyse pour dialoguer avec les disciplines voisines : psychiatrie, évaluation des résultats, épidémiologie, neurobiologie. Toute recherche est réductrice par rapport à la situation globale de la rencontre analytique mais des notions intéressantes peuvent en découler, de nouveaux modèles mêmes.
Marianne Leuzinger-Bohleber (Francfort), dans « Le travail analytique avec des patients qui souffrent de traumatismes graves et de dépression chronique » (p. 611-636), expose le travail avec un analysant venu la trouver dans sa cinquantaine pour des troubles dépressifs majeurs, des insomnies très importantes, des algies et des troubles psychosomatiques. Dans son histoire, un traumatisme majeur : à quatre ans, il part en home d'enfant, y est totalement coupé de ses parents et, gravement négligé, y meurt presque de pneumonie. On l'en tire de justesse mais sa personnalité a changé, il est devenu un enfant introverti. Une dimension transgénérationnelle existe : ses parents ont été eux-mêmes des enfants traumatisés durant la guerre. Durant son analyse, le patient impose le mépris à son analyste et lui fait vivre un contre-transfert abandonnique lorsqu'à un moment il ne vient plus à ses séances. L'analyste ayant « survécu » pourra interpréter le hic et nunc par rapport au passé, et, enfin, son patient l'accepter. Des imagos intérieures plus vivantes émergent en lui et il peut sortir du monde de la détresse traumatique : celui où ne sont là ni l'espérance d'un objet secourable, ni une sécurité interne. L'article rappelle