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Dans ce livre de Danièle Brun, psychanalyste, membre d'Espace analytique, présidente de la société Médecine et psychanalyse et professeur émérite de l'université Paris-Diderot, continue son exploration des imagos parentales et de leurs effets indésirables. Dans Mères majuscules (2011), elle évoquait une mère associée à un être-mère idéal, mais portant la nostalgie d'un autre enfant auquel le sien ne correspond pas, mère à la fois omniprésente et insaisissable, et l'empreinte qu'elle transmet, avec l'importance d'exprimer, de raconter cette enfance insistante, au-delà de ses traces visibles et des impressions qui demeurent, pour éveiller le potentiel de renouvellement que contient cette période intemporelle.
L'Insidieuse Malfaisance du père explore cette fois les traces laissées par le père dans la psyché. Elles sont malfaisantes non du fait d'une quelconque maltraitance, mais au contraire, dans la mesure où il est extrêmement difficile de se défaire de l'idéalisation initiale du père. C'est cette désidéalisation impossible qu'analyse Danièle Brun, si ancrée que la malfaisance est active au-delà de ce qui en est consciemment perçu, et reste insidieuse, puisqu'elle prend principalement la forme de l'attachement indéfectible. Il ne s'agit pas d'assigner le père à une place de séducteur inaccessible, mais de repérer la part, généralement occultée, que prend le père dans la transmission des messages verbaux et infraverbaux, au nom des identifications qu'il suscite. La malfaisance du père est insidieuse : ses messages pèchent par défaut de traduction, énigme liée au non-dit, qui se solde pour l'enfant par un interdit de penser. L'histoire du père