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Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.Je laisserai le vent baigner ma tête nue.Je ne parlerai pas, je ne penserai rienMais l'amour infini me montera dans l'âme,Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,Par la nature, heureux comme avec une femme.
La sensation a une place importante dans la psychanalyse d'aujourd'hui, dans les cures d'enfants, le travail des psychosomaticiens, les traitements des patients dits « difficiles », dans l'exploration des traumas, l'élaboration des addic-tions, etc. Le recours aux sensations s'impose désormais comme mode de communication à l'analyste et, pour celui-ci, comme mode de réaction contre-transférentielle auquel il se doit d'être attentif, sensible. Le cadre dont il est le gardien n'est-il pas le premier contenant des sensations, représentant d'un espace où le tiers est censé réguler la présence et l'absence, déjouer la tentation de l'immédiateté ? Dans la clinique, la sensation a désormais trouvé sa place.
Mais dans le champ de l'élaboration métapsychologique ? Quelle place Freud lui a-t-il réservé ? Du début à la fin de son œuvre, il s'y réfère constamment et, dès 1891, il lui accorde une place de choix : « “Sensation” et “association” sont […] deux aspects différents d'un même processus […] nous ne pouvons avoir aucune sensation sans l'associer aussitôt. » La représentation de mot, « composée d'éléments acoustiques, visuels et kinesthésiques » (Freud, 1891b, p. 123) « en liaison les uns avec les autres » (Freud, 1891b, p. 127), trouve « sa signification par la liaison avec la “représentation d'objet” [elle-même] complexe associatif constitué des représentations les plus hétérogènes,