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Voici un petit vademecum du psychanalyste confronté à un patient délirant. L'auteur partage avec nous ses conceptions sur la genèse du délire, sur le fonctionnement clivé du délirant, sur la technique. Son exposé est articulé autour du cas de Lorenzo, suivi pendant dix ans à quatre séances par semaine, en face à face, puis sur le divan. Genèse du délire : elle est à rechercher souvent dans l'enfance même : le futur délirant s'enferme dans un monde à lui qui se sépare de la réalité et qui ressurgira à l'âge adulte. Fonctionnement clivé : observe-t-on un clivage défensif ou bien est-il une caractéristique, simplement, du monde délirant ? Il se constitue chez le délirant deux fonctionnement dissociés où le raisonnement normal et le délirant existent côte à côte. Ce dernier risque fort de coloniser et de séduire la partie non psychotique du psychisme. Pronostic dans le temps : le délire, du fait de ses qualités concrètes (non pensées mais vécues - le psychisme devenant ici un organe sensoriel), a valeur de vérité et, ensuite, de souvenir de réalité dans la mémoire du patient. Il ne peut donc être éliminé et on l'on verra volontiers ressortir à un moment ou à un autre de la vie, bâti sur les mêmes schémas inconscients, souvent omnipotents. Ou : oui, la psychanalyse est efficace pour que la partie non psychotique du psychisme gagne du terrain sur la psychotique, mais elle n'éradique pas celle-ci. Technique : aborder la psychanalyse des psychotiques relève d'une formation spécifique.