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Jacques André, psychanalyste formateur de l'APF, ancien professeur de Psychopathologie et de Psychanalyse à Paris 7, directeur de la collection Petite Bibliothèque de Psychanalyse aux Puf, auteur de plusieurs articles et ouvrages, nous livre avec Psychanalyse, vie quotidienne, un témoignage de l'expérience psychanalytique de chaque jour. Son écriture, habituellement élégante et franche, elliptique et condensée, se fait ici paroles de journal intime, celui d'un psychanalyste. En effet, ce texte, qui peut sembler disparate, est polyphone. Il s'adresse à nos amis profanes, à nos étudiants et élèves, à tous ceux qui écoutent avec curiosité et bienveillance nos questions et réflexions d'analystes.
Dès sa préface, à partir d'un incident de séance, la sonnerie de son portable, Jacques André nous fait part de son intention d'écrire sur la vie quotidienne du psychanalyste, qui consiste à « trouver la liberté de représenter ce qui restait jusque-là irreprésentable » (p. 17).
La préparation de son livre coïncide avec la manifestation du 11 janvier 2015, contre l'attaque de la liberté d'expression, ingrédient indispensable et non-négociable pour les deux protagonistes, l'analyste et le patient, afin qu'une cure soit possible. Le patient, à l'abri du monde extérieur, apporte, à son insu, le transfert et l'infantile, envahisseurs inséparables de l'espace psychanalytique. L'auteur rappelle avec justesse que « l'infantile n'est pas l'enfance… il est plutôt ce qui, du passé, ne passe pas » (p. 12) et définit la psychanalyse comme étant « à son image, une conjugaison bizarre de répétition contrainte et d'extrême liberté » (p. 13).