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L'intérêt de réfléchir à la place de la psychanalyse dans la culture d'aujourd'hui tient à la fois à l'importance de cette question depuis l'origine de la psychanalyse, chez Freud lui-même, et à son actualité, telle qu'elle apparaît dans la notion de « crise de la psychanalyse » tout autant que dans celle de « crise de la culture ».
Le rapport de la psychanalyse à la culture concerne d'une part sa dimension de connaissance, au sein des autres champs du savoir, d'autre part sa dimension de fait ou pratique culturels, en tant qu'elle est devenue, en raison de son succès et de sa diffusion, un des éléments constitutifs des représentations, croyances, institutions, des sociétés occidentales contemporaines.
En tant que discipline à ambition scientifique parmi les autres sciences humaines, la psychanalyse vise à élargir les connaissances, se confrontant aux critiques et cherchant à se faire reconnaître sur ce plan par les autorités scientifiques. Freud a toujours manifesté ce souci, et il l'exprime tout particulièrement dans « L'intérêt de la psychanalyse » (Freud, 1913j) : « La psychanalyse revendique l'intérêt d'autres que des psychiatres, dans la mesure où elle effleure différents domaines de savoir et établit des relations inattendues entre celles-ci et la pathologie de la vie psychique. » Il aborde dans cet essai l'intérêt qu'a la psychanalyse pour les sciences du langage, la philosophie, la biologie, l'histoire du développement, l'histoire de la civilisation, l'esthétique, la sociologie, la pédagogie. Il traduit ce propos dans ses écrits de psychanalyse appliquée,