You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Peter Fonagy et Elisabeth Allison (Londres), dans « Psychic reality and the nature of consciousness » (p. 5-24),
posent la question : la conscience ne serait-elle que « le parent pauvre » de la psychanalyse ? Une simple émanation de l'inconscient ? Les auteurs déplacent le problème : la conscience peut comporter des contenus étranges et intrusifs dont l'irruption est rendue possible par un soi à la construction déficiente. Un patient grave (déprimé, suicidaire, désadapté) ressent consciemment le monde autour de lui comme étrange, dévitalisé, fait d'intrusions corporelles. Sa conscience, ainsi, laisse échapper à l'état nu la lave sous-jacente à la croûte défensive normale. Et force est à l'analyste de reconnaître que ses tentatives d'interventions « classiques » devant ces border-line sévères - interprétation du transfert, clarification des contenus et défenses inconscientes, présentation d'alternatives au mode de pensée du patient - sont non seulement inefficaces mais encore retraumatisantes pour un patient qu'elles plongent dans un désespoir accru. Il faudra des années à un P. Fonagy, pourtant rompu aux cas graves, pour se décider à utiliser, enfin, le levier de la conscience dans ce travail. Les tendances pathologiques du patient ne sont alors plus travaillées en tant qu'attitudes vis-à-vis de l'analyste ou du monde. Fonagy en vient à décrire à son patient ses formations mentales pathologiques et à reconnaître avec lui que