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Ce numéro du Jahrbuch s'interroge sur différentes expressions de la violence et de la destructivité, et sur leurs possibles transformations psychiques. Je parlerai de trois articles intéressants :
Claudia Thussbas, psychanalyste à la Société psychanalytique de Berlin.
Dans son article « La violence peut-elle être la transformation d'une honte insupportable ? » elle s'interroge sur l’enactment de la honte, de la violence et de la destructivité en séance. Elle affirme que la violence peut dissimuler une honte inconcevable. Elle approfondit sa réflexion avec la vignette clinique de sa patiente Emma. Cette jeune femme de vingt-quatre ans basculait entre des éclats d'agressivité verbale, triomphalement nommés par elle son « ivresse de sang », et ses déclarations de honte. Ni elle ni sa psychanalyste ne savaient déchiffrer ces mises en scène déchaînées contre son analyste. Agressivité et honte étaient comme cloisonnées, déconnectées l'une de l'autre. Elle avait commencé son analyse par une avalanche d'insultes lancée contre son analyste, jusqu'au jour où elle déposa un mot dans son cabinet, dans lequel était écrit : « Vous ne vous imaginez pas à quel point j'ai honte de moi… ».
Et pourtant, enchaîne Thussbas, le pire ne devait arriver que quatre ans plus tard. Emma était dans sa cinquième année d'analyse, lorsque son analyste lui annonça qu'elle attendait un bébé. Emma réagit par une « explosion de larmes », selon Thussbas, avant de claquer la porte et de partir. À la séance suivante elle revint pour casser meubles et objets chez Thussbas, sans exprimer ni honte, ni excuses ni remords. L'analyste fut débordée par sa réaction