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L’IJP aide ses lecteurs à relativiser leurs théories et pratiques. Ainsi, par exemple, ce numéro offre deux textes qui permettent de réviser la notion, pourtant réputée acquise et claire, du complexe d’Œdipe. Le complexe d’Œdipe : un « roc biologique » ou un « médium malléable » de l'analyse ?
Les auteurs montrent que Freud choisit (très principalement) un complexe d’Œdipe. Il en fait la boussole de l’évolution psychosexuelle « normale » et phylogénétique et sa version garde souvent encore « force de loi ». Avec une érudition savoureuse, pourtant, les auteurs nous montrent qu'il y a plusieurs lectures possibles des mythes d’Œdipe et de leurs lectures possibles. Laios : est-il tué par Œdipe qui veut conquérir Jocaste ? Ou bien Laïos est-il celui qui voit l'ennemi possible en son fils et qui l'abandonne de ce fait ? Ou bien Laïos est-il pédophile ? (thèmes développés dans la Revue française de psychanalyse [n° 2, 1993 au thème de : « Laïos pédophile : fantasme originaire ? »]) ? Cette perspective modifie l'angle de vue sur l’Œdipe qui, ainsi, ne provient pas de l'enfant mais lui est imposé (voir la séduction selon Laplanche) et le primum movens serait en fait alors le « Complexe de Laïos »… ou bien celui « de Jocaste » (qui, chez Sophocle, choisit de séduire son fils en toute connaissance de cause - sans que le désir de ce dernier pour elle n'apparaisse dans sa pièce).