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Dès lors qu'on se dégage d'une perspective de rééducation instrumentale qui rendrait la psychomotricité cousine de l'ergothérapie de la kinésithérapie ou de la rééducation fonctionnelle, et ferait de la psyché du thérapeute un espace transparent uniquement animé par une bonne volonté technique, la question du contre-transfert émerge et doit faire l'objet d'une réflexion approfondie. On comprend donc que le titre de l'ouvrage de Catherine Potel pose d'emblée une question fondamentale : comment ce qui est vécu par le thérapeute dans l’échange somato-psychique qui s'organise dans et par le travail de psychomotricité peut-il être repris par ce dernier pour enrichir sa pratique, tant dans le travail avec les adultes qu'avec les enfants ? C'est évidemment à cette condition que la psychomotricité peut pleinement ouvrir l'espace de l'intersubjectif et de l'intrapsychique médiatisé par le corps et déployer ce qui constitue sa spécificité. La question psychanalytique du contre-transfert et de sa mise en jeu dans la cure fait ainsi nécessairement retour, mais dans un domaine différent toutefois. Toute la question, est de déterminer jusqu'où et comment travaille cet emprunt majeur fait à la théorie analytique. En effet, dès lors qu'il est appliqué à un domaine autre que celui pour lequel et dans lequel il a été conçu, tout concept opère un décalage et un changement