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Ce numéro est particulièrement riche (13 textes et 221 pages) et l'espace ici imparti pour en rendre compte ne permettra évidemment pas de rendre pleinement justice à l'apport de tous les auteurs.
Un texte historique très dense de Michel Fain et Pierre Marty (déjà paru en 1964 dans la Revue française de psychanalyse), intitulé « Perspective psychosomatique sur la fonction des fantasmes », inaugure le volume.
Il vise essentiellement à critiquer la position des psychanalystes qui considèrent les somatisations comme lieux d'expression corporelle de fantasmes par régression vers les zones érogènes. Les auteurs pensent que « le fantasme figure une activité mentale consciente et inconsciente qui présuppose une certaine organisation du moi », laquelle est selon eux contemporaine de la maîtrise motrice acquise au cours du deuxième stade anal d'Abraham.
Ils rappellent la distinction freudienne fondamentale établie entre psychonévrose et névrose actuelle, celle-ci renvoyant à la notion de dérèglement de la libido, pour exposer leur conception avant tout économique des mécanismes spécifiques de formation des symptômes somatiques : la répression des affects et des fantasmes plutôt que leur refoulement, et leur désexualisation progressive « non compensée » par une transformation de libido objectale en libido narcissique, ce qui aboutit à une dégradation qualitative de l’énergie libidinale qui libère les tendances destructrices dans le soma.
Diran Donabedian, dans « Du fantasme en psychosomatique »
poursuit l'idée que l'organisation du fantasme implique un développement du moi qui présuppose un premier travail de différenciation entre sujet