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Chaque analyse est différente, nous le savons tous, elle dépend de la rencontre entre patient et analyste. Ferdinando Camon, dans La Maladie humaine (1981), en a livré de savoureux exemples. S'agissait-il d'ailleurs pour la plupart d'analyses ? Il est permis d'en douter, comme semble d'ailleurs le faire l'auteur lui-même. Seule la dernière, apporta le réel processus de transformation tant souhaité.
Mais si chaque analyse est différente, chaque séance l'est également, selon une conception qui accorde au couple analytique et à sa rencontre le moteur des micro-transformations qu'elle induit. C'est pourquoi, les différentes articulations théorico-cliniques, voire métapsychologiques, couvrent un spectre qui va de textes fondamentaux sur le « cadre » ou la « crainte de l'effondrement », à la « simultanéité » que réactualise la psychanalyse d'aujourd'hui. Une épistémologie de la séance s'affirme dans une approche chorégraphique de l'« enactment », ou « mise en acte », que prolonge l'interaction émotionnelle des deux protagonistes, jusqu'à une réflexion sur le parcours personnel de l'analyste, sa rencontre avec le patient et l'élaboration de son système théorique, voire son inflexion psychosomatique. Quels états se déploient dans la séance ? De nombreux analysants furent ces enfants du silence de l'analyste, notamment en France, il n'en demeure pas moins que son appréhension détaillée permet d'en évaluer la pertinence clinique ou non. Mais la séance connaît aussi ses modalités transitionnelles. Michel de M'Uzan s'est interrogé sur la séance comme « zone érogène » (Aux confins de l'identité, 2005) ; nous avons aussi à nous confronter à une transitionnalisation de la réalité. Et si la transmigration du transfert d'un patient à l'autre peut s'effectuer à travers l'analyste, les séances de psychodrame et de groupe en assureront largement la mise en mouvement.
Dans le sillage de ces réflexions sur la séance, nous vous proposons une reconsidération de la théorie freudienne des puls