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Celui qui tente d'apprendre dans les livres le noble jeu des échecs ne tarde pas à découvrir que seules les manœuvres du début et de la fin permettent de ce jeu une description schématique complète, tandis que son immense complexité, dès après le début de la partie, s'oppose à toute description.
Freud, à travers cette métaphore du jeu d'échec, exprimait la difficulté de parler de la séance d'analyse et de rendre compte de sa complexité. Un siècle plus tard, la séance conserve toute sa complexité, mais s'est aussi diversifiée.
« Laissez-moi dire ce que j'ai à dire ! » « Restez tranquille, ne dites rien ! Ne me touchez pas ! » C'est avec l'acceptation des injonctions de Emmy Von N. que la séance psychanalytique est née. Et que fut ébauchée aussi, d'une certaine manière, la règle de l'association libre. Devait suivre en réponse, celle de l'écoute analytique, « l'attention en égal suspens » de l'analyste. Partie constitutive du processus analytique qui est censé s'y développer, la « situation analysante » (Donnet, 2005), mise en jeu dans la relation patient/analyste, inclut le processus avec ses contenus, objets de l'interprétation, auquel il convient d'adjoindre un non-processus : le cadre à l'intérieur duquel les variables du processus ont lieu.
La durée de la séance a été l'objet de débats importants dans la communauté psychanalytique à la suite de l'introduction par Jacques Lacan de la pratique de la scansion. À l'encontre de la position lacanienne, Jean-Luc Donnet montre combien la séance longue (45 mn) et régulière permet une véritable « transitionnalisation » de la temporalité (Donnet, 1995, p. 194), n'excluant pas les discontinuités internes à la séance et l'importance du choix du moment opportun pour l'interprétation.