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La tâche de discuter le texte de Cordelia Schmidt-Hellerau est d'une difficulté certaine.
Il s'agit ici de « reconsidérer la théorie des pulsions », comme le titre de son travail l'indique. Si cette ambition est à la hauteur des réflexions les plus contemporaines, C. Schmidt-Hellerau nous montre aussi qu'elle possède fort bien le texte de Freud dans son évolution. Ce n'est pas nécessairement si courant.
Par ailleurs, certains auteurs - en particulier américains - ont estimé caduc le concept de pulsion lui-même, et ceci depuis longtemps. À l'opposé, un auteur comme André Green insistait sur le maintien du concept. Il s'appuyait plus particulièrement sur la célèbre définition très précise du texte de 1915 « Pulsions et destins des pulsions » (Freud 1915c, p. 167). Or c'est aussi une référence centrale pour C. Schmidt-Hellerau dès le début de son travail. Elle écrit d'ailleurs : « Je considère comme important de nous en tenir à la définition donnée par Freud en 1915. » Cela n'empêchait en rien des enrichissements, des propositions de résolution de contradictions apparentes dans le texte freudien. Cordelia Schmidt-Hellerau s'inscrit résolument dans cette ligne post-freudienne, s'interrogeant dès le début sur le fait « que de si nombreux analystes se soient détournés du concept de pulsion ».
La densité et la richesse de son écrit m'oblige à concentrer mon propos sur les points centraux de son développement. J'en choisirai trois : la conservation, la structure, le léthique. Ces trois entités sont de toute manière, dans l'esprit de recherche de l'auteure, articulables entre elles, indissociables. Je m'attarderai d'ailleurs plus longuement sur la première - la conservation - sorte de condition réflexive pour les deux autres.