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Nous avons grandi dans une belle maison - une villa, en fait - donnant sur le paysage complexe de l'âme occidentale. C'est Freud qui a construit cette villa, notre maison, en quarante années d'un travail de fond. Il a consulté des médecins, philosophes, biologistes, artistes, poètes et patients, mais le seul architecte, c'était lui. Il l'a construite au fur et à mesure de son cheminement et la bâtisse, qui ne cessait d'évoluer et de s'agrandir avec le temps, nous permet de suivre comment ses pensées se sont déployées - ce qui n'est pas le moindre aspect de sa beauté.
En réponse à ma proposition, Michel Ody nous a fait visiter la Villa Freud, avec générosité, en nous rappelant ici et là les idées de Freud, comment elles se sont développées, et là où certaines d'entre elles sont restées quand de nouveaux ajouts les ont reléguées à une place moins importante, moins évidente. Cela fait du bien d'entendre la voix de notre père ; sa force, sa clarté et son audace nous revigorent toujours. C'est la façon dont Freud pensait et articulait ses pensées, élaborées avec éloquence, parfois aussi avec humour, qui a fait de moi une psychanalyste ; et alors que je me plonge dans son œuvre depuis tant d'années, je prends encore plaisir à lecture de ses écrits.
Je suis reconnaissante à Michel Ody de sa réponse réfléchie à mon article, et je suis ravie qu'il me rejoigne tout à fait en ce qui concerne l'intérêt de « souligner l'importance des pulsions (d'auto-conservation) pour la métapsychologie ». Dès la réception de son texte, j'ai immédiatement décidé de le traduire en allemand car c'est pour moi la meilleure façon de comprendre toute