You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans ce livre, Raymond Cahn reprend son rapport au Congrès des psychanalystes de langue française de 1991 avec quelques remaniements qui intègrent les résultats de ses recherches faites depuis. Les principaux piliers de son œuvre y sont posés, ce qui induit un effet rétrospectif. Je me réfèrerai donc aussi ici aux ouvrages qui s'inscrivent dans le prolongement de ce rapport fondateur. Il y argumente sa conception des psychoses et des états limites comme résultant autant d'une subjectivation en souffrance que d'une désobjectalisation. Ce qui est limite se situerait, chez l'adulte comme chez l'adolescent, entre capacité et incapacité à accéder à la position de sujet, sur fond de troubles ayant pu affecter les relations précoces mère/enfant.
Il faut se représenter le contexte de l'époque : forte influence idéologique de Lacan, mais aussi d'une philosophie déconstructiviste (Derrida est souvent cité) issue de Heidegger, dont l'étoile a depuis lors pâli. Cahn se fait un point d'honneur de discuter de façon approfondie les idées de Lacan sur le sujet en psychanalyse, en en montrant l'ambiguïté lorsqu'elles dérivent de Hegel et de Heidegger autant que de Freud - notons ici l'omission de Sartre, dont la théorie de l'imaginaire et de l'ipséité, développée à la même période, n'a pas pu être sans incidences. Cahn se dégage de la logique du sujet selon Lacan en prenant l'expérience clinique comme fil directeur : dans la situation analysante, tant du côté de l'analyste que du patient, c'est le paradoxe de l'origine sans origine, d'un fond signifiant préverbal autant que verbal, au cœur de l'émergence à