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La qualité de ce livre tient d'abord à l'aisance du style et à la finesse d'une réflexion vive, alerte et sans jargon, sans dogmatisme, sans langue de bois ni lieux communs ; pas non plus d'effets littéraires, mais l'utilisation à bon escient des citations de Balzac, Flaubert, Valéry, Mallarmé et d'autres, le commentaire de textes et des anecdotes savoureuses.
Les textes du livre vont du Balzac clinicien de la dépression dans La peau de chagrin aux peintres, en passant par le travail de la séparation, le féminin comme héritier du complexe d'Œdipe, la dialectique de la régression et de la fixation. La thèse de la perception comme interprétation de la sensation, introduit des réflexions sur la douleur dans ses rapports avec la perte d'objet : d'où une théorie économique de l'hypocondrie (sans le mot). Viennent ensuite : le fétichisme, l'actuel et la temporalité, l'acte et l'action, la sublimation. La déconstruction de l'isolation et de la névrose obsessionnelle est d'une grande audace. La dernière partie de l'ouvrage comporte des développements originaux et forts intéressants sur l'acte créateur, sur l'image, la peinture et les peintres, puis sur la théorisation de l'humour comme recours contre l'imago et, à la fin du livre, l'Œdipe thérapeute de la « maladie sexuelle » qu'est l'état amoureux.
Ce bref résumé souligne l'intérêt d'une thèse qui, en rupture avec les théorisations contemporaines de la destructivité, redonne à la sexualité la place majeure. L'auteur montre de quelle manière elle est la source de la créativité, notamment artistique. L'acte créateur apparaît comme fondé sur le déplacement de l'acte sexuel dans sa double dimension de satisfaction et d'emprise.