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Ce titre volontiers énigmatique pourrait sembler provocateur, s'il ne disait au mieux à la fois le paradoxe d'une réflexion et d'une clinique confrontée au geste suicidaire, dans l'après-coup de la rencontre, et l'espoir, sans naïveté aucune et dans toute la conscience des difficultés rencontrées, qui sous-tend le bel ouvrage de Joanne André : retourner un « désir de mourir » en « désir de vivre ». Cet ouvrage est la réécriture d'une thèse de doctorat fort riche, mais qui a su éviter les écueils d'un résumé ou d'une synthèse, pour en proposer la quintessence, dans un style à la fois précis, dense et limpide, associant richesse métapsychologique et finesse clinique.
Le premier chapitre « Histoire de la pensée sur le suicide » propose une réflexion épistémologique sur l'objet de recherche. Tout en faisant le point sur l'état de la question, d'emblée la réflexion de l'auteur se centre sur la difficulté à saisir cet objet qui se déplace par nécessité interne du suicide au geste suicidaire. Dans leur impasse, les différentes théories - philosophiques, sociologiques, psychiatriques - qui ont abordé la question du suicide montrent avant tout que nulle approche ne saurait être unimodale, et que « l'énigme est mal posée à partir de la définition même du suicide comme intention de se donner la mort. Ne serait-il pas plus fructueux de penser le suicide du côté de la vie, un acte dont l'intention serait de mettre fin à l'insoutenable de la vie, à son excès ? » (p. 34). Les rares pistes explicites de Freud - en particulier dans les « Minutes de la Société psychanalytique de Vienne » - sont riches de potentialités, et l'auteur de souligner qu'elles sont toujours actuelles : « Le suicide