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Freud n'est jamais venu à Jérusalem, capitale du monde juif. Non que les sollicitations ou les occasions aient fait défaut. De même que le judaïsme de Freud, plus précisément sa judéité, n'a cessé de l'interpeller, les liens entre la psychanalyse et le judaïsme n'ont cessé de faire couler de l'encre. Vers la deuxième partie de sa vie, les tentatives répétées d'enrôler Freud sous la bannière sioniste l'amenèrent plus d'une fois à se prononcer sur son lien avec sa judéité d'une part, sur sa position envers le projet sioniste de l'autre, cela a été dit souvent. Mais ce que l'on sait moins, c'est que « les débats qui eurent cours en Palestine41 juive à propos des théories de Freud font également partie intégrante de la culture hébraïque telle qu'elle s'est épanouie sur la terre d'Israël » (p. 21).
Dans ce livre remarquable, et par son argumentation et par sa documentation, Eran Rolnik, psychiatre, psychanalyste et historien, traducteur de nombreux ouvrages de Freud en hébreu, retrace l'historique des relations entre la psychanalyse et le sionisme et montre brillamment comment la psychanalyse a pu pénétrer l'ethos sioniste.