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Dans ce très beau numéro de la Revue française de psychosomatique, le corps de la femme est évoqué, décrit, compris à travers des prismes différents. S'y développe l'étude de cas cliniques passionnants à partir desquels les auteurs déploient leur élaboration du féminin. Le fil rouge de l'ouvrage est l'abord des trois points fondamentaux suivants : la castration, la passivité et le lien archaïque à la mère.
L'enjeu majeur de la castration est abordé sous différents angles par les auteurs de ce numéro.
Marilia Aisenstein s'intéresse à la question de la ménopause et construit une hypothèse autour de « retrouver-trouver et perdre », c'est-à-dire retrouver son corps au moment où la femme pense le perdre. L'auteur propose une conception nouvelle, qui se démarque de celle d'Hélène Deutsch. Cette dernière conçoit l'accroissement de l'excitation sexuelle au moment de la pré-ménopause comme un mouvement défensif face à un risque dépressif. Marilia Aisenstein quant à elle comprend les mouvements dépressifs de cette période comme des « recouvrements, couverture de la co-excitation libidinale engendrée par l'idée de la perte à venir ». C'est en référence à la problématique de la castration que cet auteur entend le discours des femmes dans ce qui a trait au regard et à l'apparence. La ménopause, dont les signes annonciateurs sont visibles, entraînerait, comme un deuil qui s'annonce, une douleur morale, qui, par retournement serait transformée en excitation sexuelle. Le tableau dépressif serait pour l'auteur défensif, comme une lutte contre l'excitation. De la même façon, les sensations réveillées par la limitation du vieillissement viendraient raviver la co-excitation libidinale.