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Cette nouvelle revue « de psychanalyse et civilisation », dirigée par Roger Perron et Sylvain Missonnier, tous deux membres de la Société Psychanalytique de Paris, « se propose de considérer les relations entre transformations sociales et psychanalyse, et d'évaluer dans quelle mesure celle-ci a marqué les changements sociaux et en quoi ses pratiques et leur théorisation portent elles-mêmes la marque de ces changements », ainsi que l'écrit le premier en quatrième de couverture. Et il précise dans son Éditorial : « La psychanalyse est vouée à l'exploration du monde intérieur ; elle vise au démasquage des illusions et des faux-semblants dont s'habillent les réalités déplaisantes, en dénonçant avant tout les mensonges qu'on se fait à soi-même. À l'écart de toute soumission à un pouvoir transcendant, elle aspire au libre arbitre et à la responsabilité individuelle des pensées et des actes. Sous tous ces aspects, il paraît évident que la psychanalyse est une fleur précieuse - mais mortelle - de la démocratie. »
Le lien de la psychanalyse avec la civilisation, la culture, est posé ici selon deux axes essentiels : la modernité démocratique d'une part, qui va opposer individualisme et autoritarisme politique ; le conflit interne d'autre part, et la faculté de l'homme de se mentir à soi-même. Dans sa conclusion, R. Perron en ajoute un troisième, « l'obstination de l'homme à faire perdurer le passé et à créer l'avenir », qui dialectise l'opposition sinon trop facile et manichéenne entre liberté, forces du progrès, et tyrannie.
Ainsi la psychanalyse, si elle s'inscrit indubitablement dans la modernité, nous impose néanmoins par son exigence de vérité de dénoncer les contradictions et les dérives de l'individualisme démocratique contemporain.