You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Depuis la scission de 1953, date à laquelle Jacques Lacan a démissionné de la Société psychanalytique de Paris, les analystes de la SPP ont surtout été instruits des outrances et de l'obscurité de Lacan.
Mais cette méfiance ne date pas des années 1950. Dès son élection comme membre titulaire de la SPP, juste avant la guerre (1938), Lacan est considéré comme un des esprits les plus brillants de sa génération, mais sa personnalité et sa conception de la formation suscitent bien des réserves. Son apport théorique est jugé incontestable, mais une génération de psychanalystes n'a cessé de batailler contre les dérives de la scansion agie. Comme le soulignait Jean-Luc Donnet en 1979, « cette pratique apparaissait bien, dans l'après-coup, comme un motif légitime de rupture au sein du mouvement psychanalytique ». Aussi, à quelques exceptions près, son œuvre a-t-elle été relativement peu lue au sein de la SPP, alors même qu'elle jouait un rôle décisif dans « le retour » à la lecture de Freud.
Qu'en est-il aujourd'hui ? N'est-ce pas le moment de faire le point, non seulement sur la collaboration qui, de facto, a eu lieu, dans les institutions, entre analystes lacaniens et non-lacaniens, mais aussi sur l'influence - explicite ou implicite - de l'œuvre théorique, sur les écarts et la distance prise avec Lacan d'un côté, les rapprochements opérés de l'autre dès lors que le temps a passé et que la séduction ou au contraire la nécessité de la rupture étaient moins brûlantes ? Tel est un des enjeux de ce numéro dans lequel Patrick Chambon nous propose quelques dessins de son livre Lacan Ô Banquet de Platon et dont il expose les planches originales à la SPP dans le cadre de l'Atelier organisé par la BSF et la Rfp.
Nous proposons par ailleurs dans ce numéro un dossier consacré à la psychanalyse au Brésil. Ce dossier prend la suite d'un premier volet publié il y a un an, consacré à la psychanalyse du Rio de la Plata. Nous espérons ainsi mieux faire connaître aux lecteurs français la riche