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Le 30 juin 1909, Freud écrit à Jung : « Quels gâchis que nos reproductions, comme nous mettons lamentablement en pièces ces grandes œuvres d'art de la nature psychique ! » En raison des difficultés qu'il rencontrait pour terminer son texte sur l'Homme aux Rats (Freud, 1909), Freud était persuadé que son écrit ne serait compris que du seul « cercle intime ».
Marilia Aisenstein, dans son remarquable ouvrage, An Analytic Journey. From the Art of Archery to the Art of Psychoanalysis, ne met pas « en pièces les grandes œuvres d'art de la nature psychique » ; au contraire, grâce à son grand esprit artistique, elle nous les montre comme pour la première fois, dans toute leur fraîcheur et beauté. Elle nous conduit avec brio et finesse au cœur de son travail en séance et ne nous dissimule rien de ce qu'elle entend, de ce qu'elle pense, de ce qu'elle éprouve avec son patient ; et le chemin parcouru, elle nous dévoile comment elle comprend, voire entend dans l'après-coup, le sens de ce vécu partagé ; en somme, une véritable « pensée clinique », dans le sens d'André Green (2002). Ce livre nous fait vivre une expérience émouvante car il s'agit de découvrir ou de redécouvrir ses magnifiques vignettes cliniques, enracinées dans une réflexion métapsychologique approfondie, menée avec une attention appliquée au moindre détail.
An Analytic Journey est le témoignage d'un parcours. Celui, sur une quarantaine d'années, d'une grande dame de la psychanalyse française. Depuis