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Au début du printemps 2018, je suis parti pour de nombreuses semaines en Mongolie, à la rencontre des familles de nomades. Je m'étais promis avant de prendre la direction de la steppe et des montagnes de l'Altaï, d'aller visiter le temple de Choijin Lama. Je tenais avant de cohabiter avec ces personnes, à découvrir à travers leurs créations, leur spiritualité et même leurs armements, quelques-unes des visions qui représentaient leur univers.
Le temple était au cœur d'Oulan-Bator, serré entre de hauts immeubles, serti d'herbes folles et de terrains vagues.
Mais une fois rentré, tout était calme. Six temples étaient servis par des allées de pierre qui conduisaient les visiteurs devant de grandes portes protégeant les trésors assemblés par genre ou par époque. À l'intérieur une, voire deux pièces, mais pas plus. L'endroit était sombre et les objets beaucoup trop nombreux pour l'espace formaient un ensemble très hétéroclite.
Il y avait à l'intérieur du troisième temple, une suite de sculptures représentant des divinités exposées derrière d'épaisses vitrines.
Dans un recoin, sommairement éclairée était celle chargée et très complexe d'une divinité dont j'ignorais tout et dont le nom gravé sur une plaque de cuivre était Mahakala.
Posée sur un buste muni de six bras, une tête extravagante à la bouche armée de quatre terribles canines était incisée par trois yeux exorbités, dont un au milieu du front. Cette tête était couronnée de cinq crânes qui se dépliaient devant une cascade enflammée d'or. Son corps était noir. Deux serpents ondulaient sur ses épaules.