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Le livre de Jean-Louis Baldacci, L'analyse avec fin, est un document psychanalytique d'une grande richesse métapsychologique et en même temps une réflexion approfondie sur le travail du psychanalyste en Institution. Son titre est un lointain écho du texte célèbre de Freud de 1937, L'analyse avec fin et l'analyse sans fin. On se souvient que dans ce texte écrit à la fin de sa vie, Freud avait rassemblé toute l'expérience acquise au cours des dernières décennies de travail psychanalytique pour aborder, avec un certain pessimisme, la situation du travail du psychanalyste face à des patients que nous avons par la suite appelés des patients difficiles. Il s'agit d'une population de patients chez qui l'organisation névrotique classique fait plus ou moins défaut et dont le fonctionnement mental obéit à des contraintes d'ordre traumatique primaire et narcissique. Ces contraintes pèsent régulièrement sur le travail psychanalytique et représentent des obstacles plus ou moins importants dans la naissance et le développement d'un processus psychique. C'est ainsi qu'un traitement analytique peut évoluer sans fin en raison de résistances actuelles liées à des facteurs précoces représentés essentiellement par la force des pulsions, l'importance des traumatismes précoces et celle des déformations primaires du moi.
C'est au regard de la fatalité de l'interminabilité d'un traitement analytique que Baldacci expose dans son livre les conditions à partir desquelles il peut être raisonnablement mit fin à un traitement analytique. Son livre prend ainsi la valeur d'un pari et les observations cliniques et techniques qu'il nous livre en appui à ses développements théoriques montrent la rigueur avec laquelle l'auteur conduit son travail psychanalytique.