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Freud s'est davantage employé à décrire le dynamisme évolutif de la vie psychique, ses changements et ses conflits, qu'à étudier ses aspects les plus stables et permanents, que nous associons généralement à la notion d'identité. C'est sans doute pourquoi cette notion se rencontre peu dans son œuvre, au-delà des références au narcissisme individuel et surtout groupal.
Les psychanalystes se trouvent concernés par la question des identités à une époque où celles-ci se mettent à se transformer, à se redéfinir, voire à vaciller, dans toutes leurs dimensions, « ethniques » comme nationales, géographiques comme religieuses, parentales comme sexuelles ou « de genre » - et à susciter de ce fait des réactions tantôt de défense acharnée, tantôt de revendication passionnée.
L'identité du psychanalyste elle-même peut se trouver remise en question, lorsque sa théorie et sa technique, considérées comme acquises, s'exercent dans l'écoute et l'accompagnement de ces patients travaillés par des questions d'identité.
L'identité de notre revue change aussi quelque peu à partir de ce numéro, avec une rubrique « Psychanalyse et littérature » indépendante du thème. Et enfin, nous publions la préface de Mark Solms à l'édition révisée d'un monument identitaire, la Standard Edition des œuvres complètes de Freud.