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J'ai eu le privilège de voir naître la conceptualisation qui est au cœur de ce livre. Il y a dix ans, nous avions été invitées toutes deux avec André Green et Julia Kristeva à un Symposium à Columbia (NY) sur le thème du « Père Mort ». Comme toujours, Rosine Perelberg avait été brillante. Sa présentation « Père mort et sacrifice de la sexualité » nous avait tous marqués. Son passé d'anthropologue et sa vaste culture dans ce domaine, alliés à son expérience clinique donnent à sa pensée une originalité et une profondeur peu communes. À partir de la distinction proposée par Jacques Hassoun entre « Père assassiné » et « Père mort », le passage du premier au second inaugurant l'instauration de la loi et de la généalogie, Rosine Perelberg pense la régulation de la sexualité comme sacrifice nécessaire pour l'accès à l'ordre symbolique et la culture. Cette ouverture lui permet de revisiter le complexe d'Œdipe, le deuil et la tiercéité, la temporalité enfin, et d'en donner une lecture personnelle, complexe et profonde.
Très bien construit, le livre est composé de quatre chapitres agencés selon un ordre qui va du singulier au général, de l'individuel au sociétal, d'une étude fine du sujet à une réflexion philosophique sur le devenir de l'humanité après la Shoah. Dans ses dernières pages, Rosine Perelberg pose la question d'une culture née de l'holocauste, un « habitus », au sens que lui