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Depuis Freud, l'idée n'est plus nouvelle. Que l'inconscient fasse fi de la bien-pensance, de la morale ambiante, de la logique et du raisonnable. Qu'il agisse même à rebours de ce qui est accepté par la société et de l'intériorisation de ses attentes et contraintes au sein du moi : c'est sa nature même, sa raison d'être, son essence. Et que malgré la répression, il ne se laisse pas museler si facilement, et tente de se faire entendre à coup de symptômes individuels ou sociétaux, sonnerait comme une évidence. Mais là réside le piège : ce qui est politiquement incorrect, corrosif, inacceptable ne fait pas bon ménage avec les certitudes. Celles-ci ne peuvent qu'être remises au travail en permanence, détournées, détruites, confrontées à la parole incisive des patients qui nous extirpe de nos théories.
C'est donc de la spécificité de la psychanalyse dont il est question dans cet ouvrage et de son incontournabilité dans le traitement de l'intraitable ainsi que de la nécessité de ne pas basculer au sein de la théorie psychanalytique comme au sein de ses institutions dans la tentation du politiquement correct, abritée par une prétendue théorie de l'inconscient : « La psychanalyse n'échappe pas à son propre objet » (p. 17).
Plus que par de longs développements, dans un style qui est devenu une signature, c'est à travers des fragments d'un discours inconscient, qui n'envient rien aux Fragments du discours amoureux de Roland Barthes, qu'André parvient à inscrire en nous quelque chose de l'affirmation de cet inconscient.