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La Revue française de psychanalyse a choisi, de manière exceptionnelle, de rendre compte dans sa Revue des revues d'une revue non psychanalytique, Le Débat (revue d'« Histoire, politique, société »), en raison du dossier tout à fait passionnant qu'elle propose dans son n° 200 (mai-août 2018), « Le masculin en révolution », qui se trouve être en lien direct avec le thème du CPLF 2019, « Bisexualité psychique, sexualités et genres ».
Ce dossier très dense comporte sept textes, dont les auteurs sont sociologues, philosophes, enseignants et psychiatre. Sa lecture permet en effet selon moi de prendre la mesure de ce qui reste de relativement non interrogé, et par conséquent de non élucidé, y compris dans le champ psychanalytique, dans cette mutation anthropologique considérable que présente la contribution de Marcel Gauchet (philosophe, historien, et responsable de la rédaction du Débat) intitulée « La fin de la domination masculine ». Celle-ci est développée en sept paragraphes denses :
Dans « Pourquoi la domination masculine ? », l'auteur situe en effet cette mutation dans le cadre plus général qui donne pour lui leur sens à l'ensemble des changements qui affectent les sociétés contemporaines et auxquels il a consacré son œuvre : la sortie de la religion : « Il existe un lien intime entre les deux phénomènes [fin de la domination masculine et sortie de la religion]. » Toutes deux ont assuré la propriété fondatrice du social : la transcendance temporelle, la garantie de perpétuation, de reproduction, biologique et culturelle, la première devant se subordonner à la seconde.
* Psychanalyste membre de la SPP (Suresnes), psychiatre chef de service de l'hôpital de jour soins études de la Clinique Georges Heuyer (Paris 13).
« La domination masculine […] n'aura été […] que l'incarnation institutionnalisée de la supériorité de l'ordre culturel et de sa transcendance par rapport à la précarité de la vie biologique ».
Dans « La révolution du mode d'institution et de reproduction », M